Quand la technologie sème les graines d’une agriculture durable: Les Fermes Debout
Et si l’innovation technologique devenait un moteur de la transition agroécologique ? Avec un modèle fondé sur l’automatisation, la production locale et la préservation des sols, Les Fermes Debout proposent une approche hybride de l’agriculture, à la croisée de la robotique et de l’agriculture biologique. Accompagnée par Technofounders, l’entreprise défend un modèle dans lequel rentabilité, durabilité et création d’emplois vont de pair., blending robotics with organic agriculture. Backed by Technofounders, the startup promotes a vision where profitability, sustainability, and job creation go hand in hand.
Repenser le maraîchage sans tourner le dos à la terre
Fondées en 2018, Les Fermes Debout répondent à un double enjeu : produire des légumes de qualité au plus près des bassins de consommation, tout en redonnant de l’attractivité aux métiers agricoles.
Leur modèle s’inspire du maraîchage bio-intensif, une méthode ancienne fondée sur la fertilité des sols et la recherche de rendements élevés sans intrants chimiques, à laquelle Les Fermes Debout apportent une dimension technologique.
C’est là que la technologie change la donne. En automatisant une partie des tâches, préparation du sol, semis, désherbage, grâce à un portique robotisé monté sur rails au sein des serres de production, Les Fermes Debout simplifient le travail quotidien sans renoncer aux principes du vivant.
Le choix d’un environnement contrôlé est déterminant : il permet de maîtriser les conditions de culture, de fiabiliser les récoltes et d’atteindre jusqu’à huit cycles de culture par an, contre deux ou trois dans l’agriculture conventionnelle.
Optimiser sans dénaturer
Aux Fermes Debout, les robots ne parcourent pas les champs. La technologie est volontairement déployée dans un environnement délimité : les unités de production sous serre, où l’automatisation peut être pleinement exploitée sans être confrontée aux aléas extérieurs.
Au cœur du dispositif : un portique robotisé monté sur rails, qui s’étend sur plus d’une centaine de mètres et peut embarquer différents modules selon les besoins : semis, préparation du sol, désherbage…
« Installer un tel système en extérieur serait irréaliste. Sous serre, nous pouvons maximiser l’efficacité tout en garantissant une plus grande régularité des récoltes. »
Thibault Millet, CEO des Fermes Debout
Cette régularité permet également d’intensifier les rotations : une même parcelle peut accueillir jusqu’à huit récoltes par an, un niveau difficile à atteindre sans l’appui de la technologie.
Un modèle résilient et capable de changer d’échelle
Les Fermes Debout cherchent à construire un modèle viable dans un contexte d’incertitude croissante Alors que l’agriculture est confrontée à l’inflation, aux aléas climatiques et à la hausse des coûts de l’énergie, sécuriser la production devient un enjeu stratégique. Les unités de production développées par l’entreprise sont conçues pour limiter ces dépendances structurelles.
La maîtrise de l’environnement permet de stabiliser les rendements. L’automatisation de certaines tâches permet de réduire la dépendance à la main-d’œuvre. Une utilisation rationalisée de l’énergie contribue à mieux absorber les chocs extérieurs.
Cette stabilité agit non seulement sur les coûts de production, mais également sur le prix final des légumes, avec l’ambition de rendre une alimentation locale, durable et accessible au plus grand nombre.
« L’un des enjeux majeurs est de décorréler les prix agricoles de la hausse des prix de l’énergie », expliquent Les Fermes Debout, avec l’objectif de redonner du sens à la chaîne de valeur.
Thibault Millet le précise néanmoins : « Ce modèle ne peut pas être répliqué partout. Il doit exister une demande locale forte, notamment de la part des acteurs publics et de la restauration scolaire, qui sont des partenaires essentiels à notre échelle. »
Autre point important : aux Fermes Debout, l’automatisation ne détruit pas des emplois, elle en crée. Chaque ferme de 20 hectares exploitée par l’entreprise génère environ 40 emplois permanents, avec l’ambition de proposer des métiers agricoles attractifs et durables.
« Nous voulons créer des emplois stables et correctement rémunérés, afin que les jeunes puissent envisager une carrière dans l’agriculture sans sacrifier leur qualité de vie », explique Thibault Millet.
Réconcilier tradition et innovation
Mais comment introduire une telle innovation dans un secteur profondément attaché à ses traditions et à ses savoir-faire ? Thibault Millet reconnaît avoir rencontré un certain scepticisme au départ, notamment de la part des collectivités locales, rapidement dissipé lorsque le projet est présenté dans toutes ses dimensions.
Alors que Les Fermes Debout se préparent à changer d’échelle, leur feuille de route est claire : construire un modèle agricole local, résilient et rentable..
« Dans dix ans, j’aimerais voir Les Fermes Debout déployées à grande échelle, avec des fermes clés en main capables de répondre aux besoins alimentaires locaux », conclut Thibault Millet.
« Mais avant cela, l’essentiel est de prouver que notre modèle fonctionne, et pas seulement sur le papier. »
« L’idée d’introduire de la technologie dans l’agriculture peut susciter des inquiétudes. Mais notre technologie n’est pas là pour remplacer : elle répond à un objectif clair, produire mieux, plus localement et plus durablement. »
Thibault Millet, CEO des Fermes Debout
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